Feuilleton · Doux avec moi : apprendre à se remercier soi-même / Épisode 4
Les mauvais jours aussi comptent : être reconnaissant envers soi quand ça ne va pas
30 août 2026
Précédemment
Dans les trois premiers épisodes, on a découvert à quel point notre voix intérieure peut être dure et injuste, on a appris à repérer les petites choses qu’on fait bien sans les voir, et on a construit un rituel de 5 minutes pour se remercier soi-même chaque jour. Tout ça fonctionnait plutôt bien… dans les moments ordinaires.
Mais il y a une question qu’on n’a pas encore vraiment creusée : qu’est-ce qu’on fait les jours où rien ne va ?
C’est ce qu’on explore aujourd’hui.
Tu as passé une mauvaise journée. Tu as raté quelque chose. Tu t’es emporté contre quelqu’un que tu aimes. Tu n’as rien fait de ce que tu avais prévu. Tu es épuisé, découragé, ou juste vide — sans raison précise.
Et là, quelqu’un te dit : « Pense à ce que tu peux te remercier aujourd’hui. »
Ta première réaction, c’est probablement quelque chose comme : Sérieusement ?
C’est une réaction normale. Et c’est exactement là qu’on va travailler ensemble.
Parce que la gratitude envers soi-même ne sert pas seulement les jours de victoire. Elle sert surtout les jours de défaite — non pas pour faire semblant que tout va bien, mais pour éviter de s’enfoncer davantage dans la boue.
Pourquoi les mauvais jours sont les plus importants
Quand une journée se passe bien, notre cerveau n’a pas besoin d’aide. Il enregistre les bons moments naturellement. On se sent capable, on avance, on se traite à peu près correctement.
Mais quand une journée déraille, le cerveau fait autre chose. Il se met en mode recherche de preuves : il cherche tout ce qui confirme que tu es nul, irresponsable, trop lent, trop émotif, pas assez courageux. Et il est très doué pour ça. Une seule erreur peut lui suffire à remonter trois années de « preuves » similaires.
Ce phénomène s’appelle le biais de négativité — notre cerveau accorde naturellement plus de poids aux mauvaises expériences qu’aux bonnes. Ce n’est pas une question de caractère faible, c’est de la biologie. Pendant des millénaires, remarquer ce qui allait mal permettait de survivre.
Sauf qu’aujourd’hui, tu n’as pas besoin de survivre à un prédateur. Tu as besoin de te relever d’une réunion catastrophique, d’une dispute, d’un projet qui a foiré.
Et là, laisser ton cerveau partir en vrille sans rien faire, c’est comme regarder quelqu’un donner des coups à une personne à terre en se disant que c’est dans l’ordre des choses.
La gratitude envers soi les mauvais jours, c’est simplement : arrêter les coups.
Ce que « se remercier » ne veut pas dire quand ça va mal
Soyons clairs sur un point. Se montrer de la gratitude les jours difficiles, ce n’est pas :
- Faire semblant que tout allait bien
- Minimiser ce qui s’est passé (« C’était pas si grave »)
- Se forcer à trouver le bon côté des choses de façon forcée et fausse
- Se dire « au moins j’ai la santé » pour zapper une vraie douleur
Ces réflexes-là, on les connaît. Ils ne soulagent pas vraiment. Ils donnent juste l’impression qu’on met un sparadrap sur une fracture.
Se remercier les mauvais jours, c’est quelque chose de beaucoup plus simple et beaucoup plus honnête. C’est reconnaître ce que tu as traversé, pas ce que tu as réussi.
Exemple concret. Imagine que tu as eu une journée horrible : tu t’es disputé avec ton collègue le matin, tu as raté une deadline, et le soir tu t’es mis en colère contre ton enfant pour un truc ridicule. Tu es au fond du lit, tu te sens minable.
La gratitude classique : « Qu’est-ce que j’ai bien fait aujourd’hui ? » → ton cerveau répond : rien, absolument rien.
La gratitude pour les mauvais jours : « Qu’est-ce que j’ai porté aujourd’hui ? » → J’ai porté une journée difficile. J’ai continué malgré la tension du matin. J’ai fini le soir même si j’étais épuisé. J’ai mal géré un moment avec mon enfant, et ça me fait quelque chose — ce qui veut dire que je tiens à lui.
Vois-tu la différence ? On ne cherche pas à te féliciter pour tes exploits. On te demande juste de témoigner honnêtement de ce que tu as vécu.
L’exercice doux : la lettre de deux minutes
Voici un exercice pensé spécialement pour les jours sans. Il prend deux minutes. Il n’exige aucune performance.
Comment faire :
Prends une feuille, un carnet, ou un fichier sur ton téléphone. Écris — à la main si possible, c’est plus ancré — les trois phrases suivantes, et complète-les honnêtement :
-
« Aujourd’hui, j’ai traversé… » (Décris ce qui a été difficile, sans enjoliver ni dramatiser. Un fait.)
-
« Malgré ça, j’ai quand même… » (Quelque chose, n’importe quoi : mangé, répondu à un message, respiré, pas tout abandonné. Pas besoin que ce soit héroïque.)
-
« Ce soir, je me dis… » (Une phrase douce que tu dirais à un ami dans la même situation. Pas un conseil. Juste une présence.)
Exemple rempli honnêtement :
Aujourd’hui, j’ai traversé une dispute qui m’a mis à plat toute la matinée, et une colère que je regrette le soir.
Malgré ça, j’ai quand même préparé le repas, j’ai continué ma journée, et j’ai été honnête avec moi-même en reconnaissant que j’avais merdé.
Ce soir, je me dis : tu as eu une mauvaise journée, pas une mauvaise vie. Demain, tu pourras réparer ce qui peut l’être.
C’est tout. Pas besoin de relire. Pas besoin de trouver ça beau. Le simple fait d’écrire ces trois phrases interrompt la spirale du « tout va mal et c’est ma faute ».
Tu peux faire cet exercice à la place du rituel des épisodes précédents les jours difficiles — ou en plus, selon ce que tu sens.
Une chose à garder en tête
Il y a une croyance très répandue qui dit : si je suis trop gentil avec moi-même les jours où j’ai raté quelque chose, je vais me laisser aller, je vais arrêter de m’améliorer.
C’est faux. Et les recherches en psychologie le confirment depuis des années.
Les personnes qui se traitent avec douceur après un échec sont en réalité plus capables de s’en remettre et d’essayer à nouveau que celles qui s’auto-flagellent. Parce que quand tu te dénigres, tu dépenses toute ton énergie à encaisser les coups. Il n’en reste plus pour te relever.
Se remercier même les mauvais jours, ce n’est pas de la complaisance. C’est de l’économie d’énergie intelligente.
Un enfant qui tombe en apprenant à faire du vélo a besoin qu’on lui dise c’est dur, tu t’en sors bien quand même — pas tu es nul, recommence. Tu n’es pas différent.
Ce qu’on a vu
Aujourd’hui, on a exploré pourquoi les mauvais jours sont justement ceux où la gratitude envers soi-même est la plus nécessaire — non pas pour effacer ce qui s’est mal passé, mais pour ne pas s’y noyer. On a vu la différence entre se mentir à soi-même et témoigner honnêtement de ce qu’on a traversé. Et on a pratiqué la lettre de deux minutes : trois phrases simples pour traverser les jours difficiles sans se tirer dessus.
Demain
On arrive au dernier épisode de la série — et il ferme la boucle d’une façon que tu n’as peut-être pas anticipée. On va regarder ce qui a changé depuis le début : pas seulement dans ta façon de te parler à toi-même, mais dans tes relations, ton travail, tes journées ordinaires. Parce que quand on change son regard sur soi, quelque chose de discret se met en mouvement tout autour. On verra comment le mesurer — et comment ne pas le perdre.
Valide tes acquis
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Cet article a été rédigé par une intelligence artificielle. Il est informatif et ne constitue ni un conseil médical, ni un conseil juridique, ni un conseil en investissement.