Feuilleton · Merci la nature : apprendre à remarquer ce qui pousse, brille et souffle autour de toi chaque jour / Épisode 2
Ressentir avant de comprendre : communier avec la nature par les sens.
11 septembre 2026
Précédemment
Dans l’épisode 1, on a découvert qu’on vit entourés de nature sans vraiment la voir. L’exercice proposé : choisir un seul élément vivant dans ta journée — une plante, un oiseau, un rayon de soleil — et le regarder vraiment, pendant cinq minutes. Pas plus. Juste regarder.
Aujourd’hui, on va plus loin. On va fermer les yeux.
Il y a quelques semaines, je marchais sous la pluie sans parapluie — contrariété classique — quand j’ai senti quelque chose d’étrange. Une odeur. Puissante, presque sucrée, un peu terreuse. Je me suis arrêtée en pleine rue. Les gens m’évitaient. Je m’en foutais. Cette odeur m’avait cueillie comme une main posée sur l’épaule.
Cette odeur s’appelle le petrichor. C’est le mot inventé par des scientifiques australiens dans les années 60 pour désigner l’odeur de la pluie sur la terre sèche. Une bactérie du sol, la streptomyces, libère une molécule — la géosmine — qui se disperse dans l’air humide. Notre nez est capable de la détecter à une concentration de cinq parties par trillion. Cinq. Par trillion.
Autrement dit : ton odorat est une machine à détecter la nature, et tu ne t’en sers presque jamais.
Le souci avec la vue.
On est une civilisation très visuelle. On regarde nos écrans, on prend des photos, on consomme des images. Même quand on parle de « se reconnecter à la nature », on pense souvent à voir de beaux paysages.
Mais les yeux ont un défaut : ils peuvent regarder sans vraiment être là. Tu peux fixer un arbre en pensant à ta liste de courses. Tu peux regarder un coucher de soleil en vérifiant tes notifications. La vue se laisse facilement court-circuiter par la tête.
Les autres sens, eux, sont plus directs. Plus honnêtes.
Quand le vent froid te gifle les joues en sortant du métro, tu ne peux pas faire semblant. Ton corps le reçoit pour de vrai. Quand tu marches pieds nus sur l’herbe humide du matin, il n’y a pas de distance entre toi et le monde. Tu es dedans.
Les sens ont ce pouvoir : ils court-circuitent la pensée et te ramènent au présent sans te demander la permission.
Les trésors que recèle chacun de tes sens;
Faisons un tour rapide — pas théorique, vraiment concret.
L’ouïe. Ferme les yeux deux minutes là où tu es. Qu’est-ce que tu entends ? Un pigeon qui marche sur le toit (son pas est ridicule et adorable). Le vent qui fait vibrer le joint de ta fenêtre. La pluie sur les feuilles — qui n’a pas le même son que la pluie sur le bitume. Les oiseaux, évidemment, mais aussi les insectes l’été, un bourdonnement de fond que tu n’entends plus tellement il est permanent. La nature est bruyante. On a juste arrêté d’écouter.
L’odorat. Après la pluie, on l’a dit. Mais aussi : l’odeur de la terre retournée dans un jardin. L’odeur d’un sous-bois en été — cette chaleur végétale, un peu lourde. L’odeur de la mer avant même de la voir. L’odeur du feu de bois qui annonce l’automne. Les odeurs naturelles sont souvent les premières à remonter des souvenirs d’enfance. C’est parce que le bulbe olfactif est directement connecté aux zones du cerveau liées à la mémoire et aux émotions. Pas de filtre. Direct.
Le toucher. L’écorce d’un arbre sous les doigts — chaque arbre a une texture différente, essaie. La chaleur du soleil sur le dos de la main un matin de mars, quand c’est encore surprenant. Une brise qui déplace tes cheveux. La fraîcheur de l’eau d’une fontaine. Le toucher est peut-être le sens qu’on mobilise le moins volontairement avec la nature. Et pourtant, il a un effet quasi immédiat sur le système nerveux. Les études sur ce qu’on appelle le grounding — marcher pieds nus sur le sol naturel — montrent des effets mesurables sur le rythme cardiaque et le niveau de cortisol (l’hormone du stress). Ton corps sait, même quand ta tête doute.
L’ouïe encore, autrement. Le silence aussi est un son naturel. Ou plutôt : l’absence de bruit humain révèle un fond sonore que tu n’entendais plus. Essaie d’écouter « en couches » : d’abord ce qui est loin, puis ce qui est proche, puis ce qui est tout près de toi. C’est une méditation qui prend trente secondes et qui marche.
La pratique du jour : accueillir et nommer une perception chaque matin;
Voilà ce que je te propose, et c’est vraiment simple.
Chaque matin — en ouvrant ta fenêtre, en allant chercher ton pain, en apartant à ton travail, même en arrivant dans ton jardin ou sur ton balcon — tu t’arrêtes une seule fois et tu identifies une sensation naturelle.
Pas une image. Une sensation.
Elle peut venir de n’importe quel sens. Et tu lui donne un nom. À voix haute si tu peux. Tu la note dans un carnet si tu préfères. Dans ta tête si c’est tout ce qui est possible.
Pas un poème. Juste une phrase courte et vraie :
- « Ce matin, l’air sent la fumée et les feuilles mortes. »
- « Le soleil est tiède sur mon avant-bras gauche. »
- « J’entends deux pigeons se disputer sur le rebord. »
- « Le vent est froid mais pas désagréable. »
- « Il y a une odeur de terre mouillée qui monte du trottoir. »
Pourquoi nommer à voix haute ou par écrit ? Parce que ça ancre l’expérience. Ça la rend réelle. Ton cerveau, quand il met un mot sur une sensation, la traite différemment — il crée une trace. C’est ce que font les enfants naturellement, d’ailleurs. « Ça fait froid ! Ça pique ! Ça sent bizarre ! » Ils nomment tout. Ils sont entièrement dedans.
Tu peux l’être aussi. Une fois par matin. Trente secondes.
Et si un jour tu n’as rien senti de particulier, c’est une information aussi. Ça veut dire que tu étais tellement dans ta tête que le monde n’a pas réussi à entrer. Note-le : « Ce matin, rien. Trop pressé. » Et demain, tu regarderas mieux.
Ce qu’on a vu
Les yeux seuls ne suffisent pas pour vraiment rejoindre la nature. Les autres sens — l’ouïe, l’odorat, le toucher — ont un accès plus direct, plus physique, moins filtré par la pensée. Le petrichor, le vent sur la peau, l’écorce sous les doigts : autant de portes d’entrée qui court-circuitent le mental et ramènent au présent. L’exercice proposé : chaque matin, identifier et nommer une seule sensation naturelle, en une phrase, à voix haute ou par écrit.
Demain
On a appris à voir, à sentir. Mais est-ce qu’on peut aller encore plus loin — jusqu’à dire merci ? Et sans se sentir ridicule ? Dans l’épisode suivant, on s’attaque à quelque chose qui peut sembler bizarre au premier abord : la gratitude envers la nature. Pas besoin d’être mystique ni de méditer en forêt. Il suffit d’une phrase, le soir, et d’exemples tellement vrais qu’ils font sourire. Rendez-vous au prochain épisode.
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Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Il est informatif et ne constitue ni un conseil médical, ni un conseil juridique, ni un conseil en investissement.